Tornade dans l’Oklahoma, assassinats d’enfants à Lyon… Les infos à retenir

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De nouvelles informations en lien avec l’enfance et la famille alimentent l’actualité. Voici les quatre informations du moment qui ont retenu l’attention de la rédaction de PsychoEnfants.

USA : la tornade a fait au moins 24 morts dont 9 enfants selon un bilan provisoire
La catastrophe survenue lundi dans l’Oklahoma a semé la désolation dans la ville de Moore, la plus touchée par la tornade. Le bilan provisoire fait état de 24 morts, dont neuf enfants. Mais les recherches se poursuivaient pour tenter de retrouver des survivants dans les décombres. Quarante-huit personnes sont toujours portées disparues à l’heure actuelle. Une école s’est notamment effondrée, ce qui avait d’abord lancé une rumeur d’au moins vingt enfants décédés. Aujourd’hui, nous savons que ces enfants ont miraculeusement survécu, ce qui a permis de revoir le bilan à la baisse. Avec des vents tournant jusqu’à 320 kilomètres à l’heure, la tornade appartient à la deuxième catégorie des tourbillons les plus puissants sur l’échelle de Fujita.

Pas de préméditation pour le britannique qui a égorgé ses enfants à Lyon
Le parquet de Lyon n’a pas retenu la préméditation contre le britannique qui a avoué avoir tué ses enfants de 5 et 10 ans à Saint-Priest, près de Lyon. « On a toujours la possibilité de changer en regardant les procès-verbaux d’auditions » a-t-il toutefois précisé. Julian Stevenson, 48 ans, avait égorgé ses deux enfants samedi dernier avant de prendre la fuite en rollers. Interpellé quelques instants plus tard, il a reconnu les faits mais n’a pas précisé les raisons de son geste. Le drame serait lié à un divorce « douloureux » et à « des modalités d’exercice du droit de visite aux enfants qu’il considérait comme insuffisant », a indiqué une source judiciaire. En 2010, après des actes de violence sur son épouse, son droit de visite avait été restreint. Ce week-end était le premier durant lequel il pouvait recevoir sa fille et son grand frère sans la présence d’un tiers.

À neuf ans, ils trouvent de la cocaïne et la goûtent
Après les seringues à insuline de Sevran, la cocaïne de Massy. Des enfants âgés de 8 et 9 ans ont trouvé des sachets de poudre blanche dans cette ville de l’Essonne. Plusieurs d’entre eux en ont ingurgité. « Heureusement ce n’est pas grave du tout », a déclaré le maire de Massy, Vincent Delahaye. Les enfants ne présentaient aucun trouble. » Six d’entre eux ont été hospitalisés « par précaution ». Des dealers avaient caché un carton de la substance dans un endroit pourtant tranquille, pas connu pour être un site de trafic de drogue. C’est l’enseignant d’une école du centre-ville qui a sonné l’alerte lorsque l’un de ses élèves est venu lui faire part de sa trouvaille.

Le Danemark veut réduire la consommation de riz des enfants
Les campagnes de prévention visant les enfants ont généralement pour but de combattre l’obésité. Mais cette fois, le Danemark s’attaque au riz. Selon les autorités sanitaires du pays, la consommation régulière de ce féculent serait dangereuse pour la santé des plus jeunes. En cause : l’arsenic inorganique que contient naturellement le riz. « Les personnes consommant des aliments avec de l’arsenic inorganique quotidiennement courent un risque accru de cancer », ont précisé les autorités danoises. Elles demandent donc aux parents d’éviter tant que possible la consommation de « boissons au riz, de lait de riz ou de céréales au riz soufflé chaque jour ».

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Séquestrées de Cleveland, Coronavirus… Les infos à retenir

InfosDe nouvelles informations en lien avec l’enfance et la famille alimentent l’actualité. Voici les cinq informations du moment qui ont retenu l’attention de la rédaction de PsychoEnfants.

Cleveland : Le ravisseur est bien le père de l’enfant né en captivité
L’analyse ADN pratiquée par les autorités américaines a confirmé qu’Ariel Castro était bien le père de la fillette née en captivité. Prénommée Jocelyn, elle est âgée de 6 ans. Ariel Castro est inculpé pour avoir séquestré et violé trois femmes pendant plus de 10 ans dans sa maison de Cleveland. Amanda Berry, la mère de la jeune fille, avait réussi à s’échapper grâce à un voisin et à libérer les deux autres femmes, Gina DeJesus et Michelle Knight. Cette dernière serait tombée « au moins cinq fois enceinte » durant ses 11 années de captivité. Mais à chaque fois, son ravisseur l’affamait et lui donnait des coups dans le ventre pour provoquer une fausse couche.

Coronavirus : les femmes et les enfants seraient-ils plus résistants ?
Un deuxième cas d’infection par le coronavirus a été détecté dimanche. Il s’agit d’un homme de 50 ans qui avait partagé la chambre du premier contaminé pendant 4 jours à l’hôpital de Valenciennes. Son état de santé s’aggraverait en raison de problèmes respiratoires. Au total, 33 cas confirmés dans le monde ont été notifiés à l’OMS depuis septembre 2012. Parmi eux, seulement 2 femmes, dont les cas n’étaient pas graves, et aucun enfant. Il semblerait que les hommes soient plus fragiles face au virus. Dix-huit personnes sont mortes de ce nouveau virus, dont 11 en Arabie Saoudite, pays voisin des Émirats Arabes Unis où le premier malade français avait été en vacances avant de tomber malade.

Il y a vingt ans, Human Bomb prenait 21 enfants en otage à Neuilly
Il y a 20 ans jour pour jour, Erik Schmitt, alias Human Bomb, prenait en otage l’institutrice et les 21 élèves d’une école maternelle de Neuilly-sur-Seine. Il réclamait 100 millions de francs et une voiture pour s’enfuir. Après d’âpres négociations, il libérera un à un les enfants mais en gardera six qui resteront enfermés dans l’école pendant 46 heures. Jusqu’à l’intervention du RAID, qui tuera le forcené. Nicolas Sarkozy, à l’époque maire de Neuilly sur Seine, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement était venu négocier directement avec le preneur d’otages.

Seuls les enfants peuvent voir la campagne anti-maltraitance espagnole.
La nouvelle campagne espagnole contre la maltraitance faite aux enfants a une double signification. En regardant cette grande affiche, les adultes y voient le simple visage d’un enfant triste et la phrase : « Parfois la maltraitance des enfants est seulement visible par l’enfant qui en souffre. » Les enfants, eux, y voient un visage légèrement tuméfié du même enfant triste et le message suivant : « si quelqu’un te fait du mal, appelle-nous et nous t’aiderons », accompagné du numéro des secours. Cette prouesse est possible grâce aux différents angles de vues. Seuls les personnes de moins d’un mètre vingt peuvent voir la totalité de l’affiche. Pour l’association ANAR, qui lutte pour la protection de l’enfance en Espagne, l’intérêt de cette publicité et d’inciter les enfants à appeler à l’aide, même en présence de leur agresseur.

Trois morts dans un incendie à Lyon
Deux femmes et un enfant sont décédés dans l’incendie d’une usine désaffectée à Lyon. D’autres personnes sont toujours portées disparues. Le bâtiment qui servait de squat à près de 200 individus de la communauté Rom, a pris feu dans la nuit de dimanche à lundi. Accidentelle ou criminelle ? L’origine du sinistre reste pour le moment indéterminée même si la première piste semble privilégiée. Les familles vivaient dans l’immeuble désaffecté depuis quelques mois malgré la dangerosité du site. Les rescapés ont été évacués dans un gymnase. Une cellule d’aide médico-psychologique a été mise en place par la préfecture qui appelle à « s’interroger tous ensemble sur notre collectivité humaine et nos actions ».

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Pape François, armes aux Etats-Unis… Les infos à retenir

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De nouvelles informations en lien avec l’enfance et la famille alimentent l’actualité. Voici les quatre informations du moment qui ont retenu l’attention de la rédaction de PsychoEnfants.

Le Pape François dénonce les « abus » contre les enfants
Lors d’une prière prononcée place Saint Pierre au Vatican, dimanche 5 mai, le Pape François a dénoncé « les abus » subis par les enfants. « Nous devons tous nous engager avec clarté et courage pour que les enfants, qui sont parmi les plus vulnérables, soient toujours protégés et défendus. »  Il y a un mois, le pape avait déjà demandé d’agir « avec détermination » contre les abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé.

Première greffe de trachée sur un enfant de 2 ans
Corée du Sud: Hannah Warren, une fillette âgée de deux ans, née sans trachée, ne pouvait ni manger, ni boire, ni même respirer sans assistance. Mais un groupe international de chirurgiens a réalisé une prouesse médicale. Ils ont « fabriquer » et greffé une trachée en utilisant des cellules souches prélevées de sa moelle osseuse. Une procédure qui élimine pratiquement tous risques de rejet de la greffe. La petite fille peut désormais vivre comme tous les autres enfants.

Armes pour enfants : un marché florissant aux USA
La marque américaine Crickett, spécialisée dans la vente d’armes pour les enfants de 4 à 10 ans, ne connaît pas la crise. Inimaginable en Europe, l’entreprise est passée de 4 à 70 salariés et de 4000 à 60 000 fusils vendus depuis sa création en 1996. Pourtant elle se retrouve au cœur d’une polémique après la mort d’une fillette de 2 ans, tuée par l’arme à feu de son grand frère, âgé de seulement 5 ans.

La famine a tué 133 000 enfants somaliens
C’est un véritable drame sanitaire que vit la Somalie. Selon un rapport de l’ONU, la famine a tué 258 000 Somaliens, dont 133 000 enfants de moins de 5 ans, depuis 2010. Soit 4,6% de la population totale et 10% des enfants de moins de 5 ans. La grave sécheresse est à l’origine de cette crise alimentaire, aggravée par une situation politique chaotique. L’Afrique est le seul continent au monde qui voit le nombre de sous alimentés augmenter.

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Isère : un nouveau bébé congelé

Bébé congelé

Ce mardi 22 avril, un bébé congelé a été découvert à Moirans en Isère. C’est le compagnon actuel de la mère qui a retrouvé le corps alors qu’il voulait prendre un plat surgelé. Après une journée de réflexion, l’homme s’est décidé à avertir la police. La femme, assistante familiale en arrêt maladie depuis février, a été présentée au juge d’instruction pour « homicide sur enfant de moins  de 15 ans ».

 « Désemparée » par cette nouvelle naissance, la mère a étranglé son fils avant de le mettre dans le congélateur. Pourtant, son entourage la qualifie de « bonne mère » étant déjà parente de deux enfants de 2 et 8 ans. Pendant sa garde-à-vue, « elle a indiqué qu’elle avait accouché seule le 14 mai 2012 dans sa salle de bain et qu’elle ignorait qu’elle était enceinte » exprime le magistrat. Personne n’avait remarqué sa grossesse puisque la jeune femme avait seulement pris 5 kilos.

 Peut-on parler de déni de grossesse ?

 Questions au professeur Israël Nisand, chef du département de gynécologie obstétrique au CHU de Strasbourg et à Sophie Marinopoulos, psychiatre et psychanalyste au CHU de Nantes, auteur de Dans l’intime des mères, chez Fayard.

La mère était-elle dans le déni de grossesse ?
Pr. Nisand : On parle de déni quand une mère refuse de signaler sa grossesse à son entourage et quand, parfois, elle se le cache à elle-même jusqu’à ne plus en ressentir les signes. Le déni touche tous les âges, toutes les classes sociales. Les raisons du déni varient suivant les personnes et leur histoire : le mari ne veut pas de l’enfant, la grossesse n’arrive pas au bon moment, elle est le fruit d’un viol… Si le déni est peu profond, la femme a recours à une IVG. S’il est plus grave, elle accouche puis abandonne le bébé. Si le déni est plus intense, elle ira jusqu’à tuer son enfant. À Strasbourg, je vois chaque année une vingtaine de dénis graves. C’est plus fréquent qu’on ne le pense.

Comment et pourquoi une mère peut-elle en venir à de telles extrémités ?
Pr. Nisand : Je crois surtout que pour ces mères qui commettent un infanticide, le bébé n’existe pas. En le tuant, elles annulent une réalité à laquelle elles ont refusé de se préparer. D’autre part, quand les causes ne changent pas, les conséquences restent les mêmes. En clair, une femme qui n’est pas prête à enfanter pour x raisons et qui tue son bébé réitérera son meurtre si elle tombe de nouveau enceinte.

Pourquoi a-t-elle conservé le corps de son bébé ?

Sophie Marinopoulos : Cette femme n’a voulu ni l’enfant ni sa mort. Elle a conservé le corps du bébé, comme le font beaucoup de mères. Ce corps représentait, à ses yeux, le témoin d’un acte, d’une souffrance qui un jour pourrait être révélé aux yeux de tous. Dans de telles situations, le congélateur est d’ailleurs souvent utilisé comme une façon de garder le mort et son corps, de le rendre vivant. En réalité, ces femmes sont souvent dépassées et surprises par elles-mêmes. Elles demandent à être jugées pour être reconnues socialement. Si on regarde le compagnon, on lit l’incompréhension sur le visage de Monsieur. Tandis que sur celui de sa femme, il y a un “gel des affects”. Elle est totalement vide d’émotions, comme absente. Cette découverte des corps, c’est comme si on la réveillait. Elle sait sans savoir. C’est très fréquent dans l’infanticide.

Comment peut-elle rester une bonne mère aux yeux de ses autres enfants ?
Sophie Marinopoulos : Ce sont deux histoires différentes qui arrivent à une même femme. C’est ce qui perturbe notre société. Elle n’a pas réussi à investir cette grossesse. Il s’agit d’un trouble de la représentation. Lors du premier trimestre de la grossesse, les femmes parlent des changements de leur corps. Puis, elles commencent à distinguer l’enfant d’elles : “Il bouge.” Enfin les trois derniers mois, elles intègrent le fait qu’il est un être à part entière et qu’ils vont se séparer physiquement l’un de l’autre. Ce travail n’a pas été fait, ce qui ne l’empêche pas d’être une bonne mère par ailleurs. Toutefois, pour la famille, ce sera très difficile d’oublier.
Ces fils devront faire la part des choses en essayant de ne pas regarder leur mère à travers cet acte uniquement, en se rappelant qu’ils ont eu une vraie relation avec elle et qu’ils doivent la préserver.

Les adolescents vivent bien la crise

Ipsos ado OK

À l’occasion du 9ème forum Adolescence à Paris organisé par la fondation Pfizer et ses deux partenaires, le ministère de l’éducation nationale et l’inserm, une enquête Ipsos a publié les résultats d’une étude sur le bien-être des adolescents. Ce sondage de santé public révèle que, malgré la crise, les jeunes Français se portent bien.

L’étude a été réalisée du 23 octobre au 13 novembre auprès de 800 adolescents âgés de 15 à 18 ans, de 800 adultes âgés de 25 et plus, et de 200 seniors âgés de 60 ans et plus. Dans un contexte socio-économique pourtant délicat, 71 % des adolescents se sentent bien à l’école et 69 % sont satisfaits de ce qui leur arrive.

La crise ne perturbe pas le moral des adolescents

77 % des jeunes interrogés se disent bien entourés par leurs amis contre 29 % qui ont des difficultés à aller vers les autres. La communication avec les parents est pour 85 % d’entre eux bonne. En revanche 47 % se sentent souvent sous pression et un quart mal dans leur peau. La vision des adultes en contact avec des adolescents est aussi plus optimiste que l’enquête de 2012. 62 % d’entre eux pensent que les ados sont souvent mal dans leur peau contre 74 % en janvier 2012.

Le difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte

En ce qui concerne la trajectoire pour y parvenir, 29 % d’entre eux son impatient de passer ce cap, alors que 22 % l’appréhendent. Cette période de transition est marquée par trois piliers d’après les jeunes : les responsabilités (70 %), l’indépendance financière (66 %) et l’autonomie (42 %). Cependant dans cette société en crise, où l’accès à un travail et un logement est de plus en plus précaire, devenir adulte passe aussi par la parentalité. Devenir parent est vu par les adolescents comme le point de départ de l’indépendance et l’accès au statut d’adulte.

Le débat sur la gestation pour autrui relancé

GPA

Mardi 29 janvier, Christiane Taubira a rendu publique une circulaire de la chancellerie demandant aux tribunaux de ne plus refuser la nationalité française aux enfants conçus par gestation pour autrui (GPA) à l’étranger. Si la Garde des Sceaux affirme que cela ne remet pas en cause l’interdiction de la GPA en France, le débat n’en est pourtant pas moins relancé.

Nos experts, Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et chercheuse en sciences humaines, spécialiste de bioéthique, et Benoît Bayle, psychiatre des hôpitaux, spécialisé dans les questions bioéthiques liées à la médecine de procréation, répondent à nos questions.

PsychoEnfants : Quel est votre avis sur la Gestation Pour Autrui ?

Geneviève Delaisi : Mon avis, c’est que la GPA est une technique à utilisation tout à fait exceptionnelle, qui concerne seulement une centaine de couples par an en France et qui, à titre d’exception, peut exister à condition d’être strictement encadrée. L’encadrement principal, c’est de savoir comment sont recrutées les mères porteuses et comment elles sont considérées par le couple qui fait appel à elles. Cette pratique a lieu et elle aura forcément lieu puisqu’il y a des femmes qui ont le malheur de ne pas avoir d’utérus.

Benoît Bayle : Je suis "contre", sans réserve ! Donner la vie à un enfant est sans doute la plus belle chose au monde. Mais pas à n’importe quel prix. La grossesse tisse les premiers liens entre la mère et l’enfant. C’est une période très importante, qui participe à la construction du lien d’attachement. Une donnée essentielle pour le développement psychologique de l’enfant. Avec la gestation pour autrui, on organise un abandon. On rompt les liens entre la mère porteuse et l’enfant. On inflige ainsi une blessure à celui-ci, un traumatisme.

P.E : N’est-ce pas une situation hypocrite que d’accorder la nationalité française à des enfants nés à l’étranger grâce à la GPA, tout en refusant de légaliser cette pratique en France ?

G.D : Non, ce n’est pas hypocrite. C’est juste une régularisation. Ces enfants pourraient rester avec la nationalité américaine mais c’est quand même plus confortable pour eux d’être sur le livret de famille de leurs parents. Cette circulaire, ce n’est ni une approbation, ni une désapprobation d’ailleurs de la gestation pour autrui.

B.B : L’hypocrisie la plus grave est celle qui consiste à présenter les parents de ces enfants issus de GPA comme des victimes, alors qu’ils ont eu recours sciemment à une pratique dont ils savaient qu’elle était illégale et qu’elle entraînerait des difficultés de reconnaissance de la filiation de leur enfant.

P.E : Faites-vous une différence entre la GPA pour un couple hétérosexuel et celle pour un couple homosexuel ? Pourquoi ?

G.D : Bien sûr. Pour un couple hétérosexuel, la question centrale est : « Comment recruter une mère porteuse ? ». Les mères porteuses sont des femmes qui ont déjà des enfants. Ce sont des femmes qui adorent être enceinte et qui considèrent, non sans une certaine fierté, faire quelque chose que même la médecine la plus sophistiquée ne peut faire. Elles ont très souvent une grande entente avec la mère infertile du couple. Quand vous faites un très grand cadeau à quelqu’un, vous créez forcément des liens avec lui.
Les couples homosexuels, c’est plus compliqué. Il n’y a pas une entente entre deux femmes, qui est fondamentale dans les couples hétéros. Il y a des mères porteuses, aux Etats-Unis et au Canada, qui recherchent particulièrement des couples d’hommes. Parce qu’elles ont le sentiment de garder une place qui ne sera jamais prise par quelqu’un d’autre.

B.B : Oui, mais ce n’est pas pour cautionner l’une plutôt que l’autre, mais pour dire que l’une est encore plus irrespectueuse de l’enfant et de la femme que l’autre. Les techniques de PMA font voler la structure de l’identité de conception en éclats. Par exemple, alors que la structure naturelle de la conception humaine est d’ "être conçu de papa et de maman", avec la GPA hétérosexuelle, l’enfant possède la structure de conception suivante : il est "être conçu du sperme de papa et de la femme GPA, avec l’accord de maman, et avec l’aide de l’équipe biomédicale". Il n’est plus le fruit de la relation charnelle de papa et maman. La GPA pour couples homosexuels institue des difficultés supplémentaires. D’abord au niveau de son identité de conception, l’enfant devient par exemple "être conçu du sperme de papa 1 et de la femme GPA, avec l’accord de papa 2, et avec l’aide de l’équipe biomédicale”. Mais aussi au niveau de son identité de filiation, il devient l’enfant de papa 1 et de papa 2. On ne songe pas assez aux problèmes identitaires que tout cela va créer.

*Elle est notamment l’auteur de Famille à tout prix paru en 2008, aux éditions du Seuil
** Il est notamment l’auteur de Perdre un jumeau à l’aube de sa vie paru en 2013, aux éditions Erès

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Maryse Vaillant, une grande dame s’éteint

maryse vaillant

La psychologue clinicienne Maryse Vaillant est décédée samedi 19 janvier 2013 des suites d’un cancer. Elle avait 68 ans.

C’est avec beaucoup de tristesse que la rédaction de PsychoEnfants a appris le décès de la psychologue Maryse Vaillant des suites d’un cancer. Auteure de 25 livres, elle a su apporter son analyse, son expérience et son humanité à ses ouvrages. Qu’ils traitent du couple, de la féminité, de la parentalité, du statut de grand-parent et même du cancer qu’elle avait évoqué dans Une année singulière, Maryse Vaillant savait trouver les mots pour nous parler et nous aider.

Une vie riche

Née le 30 septembre 1944 à Château-Thierry dans l’Aisne, Maryse Vaillant avait commencé sa carrière en tant qu’éducatrice, puis chargée de mission à la protection judiciaire de la jeunesse avant de devenir psychologue clinicienne.
Maman d’une fille, Judith, avec qui elle avait écrit quelques ouvrages, et grand-mère de trois petits-enfants, Maryse Vaillant vivait depuis onze ans dans le Finistère avec son compagnon. Un lieu qu’elle affectionnait particulièrement et où elle trouvait l’inspiration.
Toujours disponible, souriante et agréable, malgré la maladie, elle continuait d’écrire et de répondre aux sollicitations de la presse pour nous donner de précieux conseils.

Encore deux écrits

Deux livres étaient encore en préparation et devraient bientôt être publiés. Le premier en mars : Autopsie d’une passion (Éditions Les Liens qui Libèrent) et d’ici quelque temps chez Albin Michel un livre au titre provisoire Savoir que l’on va mourir et profiter de la vie. Parce que Maryse était avant tout une amoureuse de la vie.

Toutes nos pensées vont à ses proches.

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Crédit photo : John Foley / Opale

L’affaire Mennesson ce soir sur France 2

mennesson

Ce soir, France 2 diffuse Interdits d’enfants, une fiction adaptée du livre du couple Mennesson. Ce dernier a eu recours à une mère porteuse en Amérique pour avoir deux petites filles et mène depuis plus de dix ans un véritable combat judiciaire pour les faire reconnaître en France comme étant leurs enfants.

Cela fait douze ans. Douze ans que le chemin de croix a commencé pour la famille Mennesson. Douze ans que Sylvie et Dominique se battent pour faire définitivement reconnaître en France que leurs jumelles sont bien leurs filles. C’est en 1998 que le couple Mennesson décide d’avoir des enfants. Sylvie Mennesson découvre alors qu’elle est atteinte du syndrome M.R.K.H. Une pathologie rare (1 cas sur 4500 naissances) qui la prive d’utérus et l’empêche de porter un enfant.

Made in USA

Ne cédant pas à la morosité, le couple Mennesson se rend aux États-Unis pour découvrir les progrès faits par ce pays sur la procréation médicalement assistée (PMA). Ils se rendent en Californie pour se renseigner sur les avancées médicales et législatives en matière d’infertilité et décident de se lancer en novembre 1998 dans une procédure de « gestation par autrui » (GPA) avec un couple californien. En 2000, le couple apprend la grossesse gémellaire de leur mère porteuse californienne. Isa et Léa naissent en octobre 2000.

Le début des ennuis

Les certificats de naissance avaient alors été établis conformément à la législation californienne et les époux Mennesson désignés comme les parents. Mais, à leur retour en France où la GPA est illégale, la justice leur avait contesté ce droit. Depuis, le parquet cherche à faire annuler la transcription sur les registres de l’état civil français des actes de naissance américains. En 2005, le tribunal de grande instance (TGI) de Créteil refuse d’accéder à la demande du parquet, une décision confirmée par la cour d’appel de Paris en 2007. La cour avait notamment estimé que «la non-transcription des actes de naissance aurait des conséquences contraires à l’intérêt supérieur des enfants ».
Une histoire qui fait écho aux débats actuels sur la procréation médicalement assistée.

Interdits d’enfants, sur France 2, mercredi 9 janvier, à 20h45

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USA : 5 heures de télé par jour pour les enfants

L’enfant moyen passe 4 heures par jour devant la télé ouverte sans la regarder, en plus d’une heure d’écoute active, selon une récente étude.

Un nombre « alarmant »

232. En minutes, le temps de télé indirecte auquel les enfants américains sont en moyenne soumis. Autant dire beaucoup ! Cela veut dire, 4 heures par jour devant la télé, sans forcément la regarder, en plus d’une heure d’écoute active. « Alarmant » selon l’étude# publiée dans la revue Pediatrics, qui indique également que la durée est inversement proportionnelle à l’âge. Ainsi, les enfants de 8 mois à 2 ans passent 5,5 heures devant une télé ouverte, 2,75 heures pour les enfants d’âge scolaire  (entre 6 et 8 ans). Ces chiffres s’ajoutent à 1,3 heures d’écoute active quotidienne, considérée comme « typique » pour les enfants américains.

Des tâches cognitives difficiles à réaliser

« L’exposition à une télé ouverte dans la pièce est liée à un niveau d’attention diminué durant la période de jeu, à un plus faible niveau d’interaction entre les parents et les enfants, ainsi qu’à une performance réduite dans des tâches cognitives », a affirmé le chercheur responsable de l’étude, Matthew Lapierre. Ce dernier a ainsi suggéré aux parents de prendre conscience de leur propre temps passé à regarder la télévision, mais également de fermer l’appareil lorsque personne ne le regarde. « Cette recommandation pourrait être particulièrement efficace pour les parents de très jeunes enfants qui ne voient peut-être pas comment leur propre exposition à une télé ouverte peut avoir un effet sur leurs petits ou qui se servent de la télé comme s’il s’agissait d’une présence », a-t-il ajouté.

La télé favoriserait l’obésité : les preuves

Les jugements négatifs à l’encontre de la télévision sont légion. Une autre étude, Québécoise cette fois**, avait cherché à établir le lien réel entre télé et obésité avec des données mathématiques objectives. Au terme des tests réalisés sur 1314 petits Québécois de 2 à 4 ans , les résultats sont sans appel : pour chaque heure supplémentaire passée devant le petit écran entre 29 et 53 mois, c’est 0,5 mm de tour de taille gagné à l’âge de 9/10 ans ! Non seulement, regarder excessivement la télévision favoriserait l’obésité, mais elle participerait également à un affaiblissement des compétences physiques de l’enfant. En effet, par exemple, chaque heure passée devant la télé à 29 mois correspondrait à 0,3 cm de moins au saut en longueur.

* menée auprès de 1454 parents d’enfants âgés de 8 mois à 8 ans, partout aux Etats-Unis

**Québec Longitudinal Study of Child Development

 

Tuerie de Chevaline : dans la tête de Zainab

La petite Zainab, âgée de 7 ans, apparait aujourd’hui comme l’unique témoin du quadruple assassinat de Chevaline. Les enquêteurs attendent de pouvoir l’interroger. Après une telle tragédie, comment se reconstruire? La psychologue Isabelle Filliozat* a répondu à nos questions.

L’enquête sur la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie) se poursuit. Les équipes françaises et britanniques poursuivent leurs investigations, en France et en Grande-Bretagne, avec pour pistes de travail, "sérieuses, intéressantes", la thèse d’un différend familial, un crime lié à la profession du père des fillettes "ou éventuellement ses origines irakiennes", a expliqué dimanche le procureur de la République d’Annecy, Eric Maillaud.

De ce drame, seules les deux fillettes ont survécu. Zeena, 4 ans, était restée cachée au pied de sa mère pendant 8 heures. Sa grande sœur, Zainab a été grièvement blessée puis hospitalisée au CHU de Grenoble. Sortie d’un coma artificiel, elle sera entendue dès le feu vert des médecins. A son réveil, ce petit témoin crucial de l’enquête aurait balbutié quelques mots et exprimé sa peur.

PsychoEnfants : Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de cet enfant?


Isabelle Filliozat : Un état de sidération, compte tenu du caractère extrêmement soudain et brutal du drame. Cette famille était en vacances, pas dans un pays en guerre… Alors le cerveau se bloque, son amygdale déclenche un état d’alerte complet, l’empêchant de fuir et la figeant sur place. A noter qu’en cas de stress, la personne peut réagir de trois manières : fuir, se battre ou se figer. Dans son cas, elle est restée figée dans un état de sidération totale. D’autant que ses parents – à savoir ses figures d’attachement premières – sont morts sur le vif. Conséquence : personne pour l’autoriser à bouger.

P.E. : A quel moment un enfant âgé de 7 ans, prend-il conscience de tout ce que cela implique?


I.F. : A cet âge-là, la conscience ainsi que celle de la mort, commencent à émerger. En revanche, un traumatisme peut concourir à accélérer le développement de prise de conscience. Par ailleurs, il s’agit d’un âge où une pensée nouvelle se crée. L’enfant commence à construire une pensée logique. Il passe d’une pensée concrète à une pensée abstraite. Du simple « toucher », il devient capable de «réflexion ».

P.E. : Les enquêteurs s’apprêtent à interroger la fillette. Mais compte tenu de son très jeune âge et de la gravité du traumatisme vécu, comment créer les conditions de son expression?

I.F. : Il va falloir y aller très progressivement et avec précaution, afin de ne pas la ramener trop brutalement à l’horreur du drame vécu. En outre, il ne sera question de témoignage dit « traditionnel » compte tenu de son âge. Pour ce faire, les enquêteurs la feront jouer et dessiner afin de rejouer le traumatisme. A noter par ailleurs que les témoignages verbaux sont toujours à prendre avec des pincettes, car souvent la parole se voit entachée par les émotions. Et puis, chez les enfants, l’usage de la parole sert souvent à faire plaisir aux adultes…pouvant alors perturber encore davantage la fiabilité du témoignage. Et enfin, un pédopsychiatre devra l’accompagner lors de l’interrogatoire afin que la parole ne soit pas vécue de nouveau comme un traumatisme.

P.E. : Comment se reconstruire, après un tel drame?


I.F. : Déjà, un cadre sécuritaire est primordial. Ensuite, l’enfant a indéniablement besoin d’une figure d’attachement qui puisse la sortir de son état de prostration. Une personne douée d’une extrême patience, capable d’être à l’écoute de ses émotions. La personne accompagnatrice devra lui permettre de se libérer de sa charge émotionnelle et de sa rage. Par ailleurs, il est de grandes chances qu’elle vive la disparition de ses parents comme un abandon qu’elle pourrait alors reprocher à sa nouvelle figure d’attachement (qui ne devra en aucun cas le prendre contre elle).


P.E. : Qu’en sera-t-il du travail de deuil?


I.F. : Il est censé s’effectuer progressivement. Dans cette turbulence d’émotions, elle alternera entre périodes de déni, de peur et de fureur. Dans ce cas, elle ne devrait pas éprouver un sentiment de culpabilité, sauf si elle était en conflit avec l’un de ses parents. Celle-ci pourrait alors se dire : « j’ai été méchante avec ma mère/mon père. C’est donc de ma faute s’ils sont morts. » Quant au phénomène de déni, il peut durer un certain temps et revenir ensuite par intermittence. À l’inverse, seul un refoulement  des émotions et du traumatisme vécu pourrait laisser place à un déni total. Cela dit, ces cas sont d’une extrême rareté.

P.E. : Quels sont les risques de stress post-traumatique?

I.F. : En premier lieu, on compte les troubles post-traumatiques, susceptibles de se manifester de suite ou alors longtemps après une période de latence. Ils peuvent se traduire par une anxiété permanente et/ou des cauchemars. À noter également qu’elle sort à peine d’un coma thérapeutique. Il faudra donc compter quelques jours avant que l’organisme n’élimine tous les médicaments, que tout le métabolisme ne se remette normalement en marche. Ensuite, elle en viendra à libérer son trop plein d’émotions par le biais de tremblements, secousses ou autres.



P.E. : Est-il nécessaire que la fillette assiste à l’enterrement de ses parents?


I.F. : C’est même essentiel! C’est un moment qui permet d’accompagner le travail de deuil. Auquel cas, elle pourrait rester dans le déni, avec pour conséquences éventuelles : rester ancrée dans le passé et ne pouvoir prendre sa vie en main.

P.E. : Y a t il des chances que la fillette attende un "retour" de ses parents?

I.F. : Effectivement, il est très probable qu’elle en vienne à nourrir l’espoir d’un retour de ceux-ci. À tel point que des enfants en viennent même à se convaincre que leurs parents sont encore en vie. Mais dans ce cas, la réalité les rattrape forcément un jour ou l’autre.



P.E. : Frédéric Theureau a vécu un drame quasi-comparable il y a 35 ans. Il avait déclaré qu’il devait sa reconstruction à l’amour de sa famille d’accueil. L’amour, force de reconstruction?


I.F. : Indéniablement. Pour ce faire, il lui faudra pouvoir compter sur un tuteur de résilience (proche, famille,…), soit une figure d’attachement aimante et à l’écoute. Dans tous les cas, Zainab ainsi que sa petite sœur Zeena, ont toutes les chances de s’en sortir. Mais n’oublions pas : des tragédies de ce type, il en existe partout dans le monde. Prenez le cas de l’Afghanistan et de la Palestine, des enfants y perdent leurs parents tous les jours!

*Isabelle Filliozat est psychothérapeute, auteur de "Au coeur des émotions de l’enfant" aux éditions J.C. Lattès

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